Les vins Arméniens : là où tout a commencé 

L’Arménie a beaucoup à nous apprendre sur l’histoire de la vigne. Une histoire ici vieille de plus de 6000 ans. Qui se déroule sur les immenses plateaux Arméniens, aux pieds du mont Ararat. Ce même Mont dont Noé descendit après le déluge pour planter ses quelques rangées de vignes.

Au début des années 2000, des fouilles archéologiques dans la région révélèrent ce qui est dès lors considéré comme la plus ancienne unité de production de vin connue à ce jour, vieille de 6000 ans.

Cette découverte nous replonge dans l’histoire mouvementée de l’Arménie, berceau de la viticulture mondiale. Dès le Ve siècle av JC, Hérodote ne tarissait pas d’éloges sur ces vins. Quelques siècles plus tard, l’Arménie devient en 301 le premier Etat officiellement chrétien. La culture du vin suit alors étroitement l’avènement du christianisme. A la chute du royaume au VIIe siècles, les nouveaux maîtres arabes interdisent la production et la consommation de vin. Les différentes invasions Turques, Ottomanes ou Perses renouvellent cette interdiction. Mais c’est sans compter l’incroyable résistance du peuple arménien qui continue malgré tout à lutter pour perpétuer la tradition viticole du pays, tout juste assez pour qu’elle survive.

En 1828, un tournant radical s’opère : l’incorporation de l’Arménie au régime soviétique transforme la viticulture en industrie. La majorité de la production est exportée vers la Russie. Une autre crise s’abat ensuite lorsque l’Arménie perd une grande partie de son vignoble de la vallée de l’Ararat au profit de la Turquie. Les vignobles sont ensuite nationalisés par le régime soviétique, jusqu’au coup de grâce de la campagne contre l’alcoolisme lancée par Mickael Gorbatchev en 1985. Les vignes sont alors arrachées, les vignobles ravagés. La production de vin est divisée par vingt.

Une histoire chaotique n’est-ce pas ? Pourtant la tradition viticole Arménienne ne s’éteint pas pour autant. Et aujourd’hui de nombreux vignerons se battent pour faire renaitre la viticulture du pays. Zorik Garibian est l’un de ces acteurs.

Cet italien d’origine Arménienne part en 1998 en voyage dans le pays de ses parents. Il est alors fasciné par l’histoire de ce pays et la beauté des paysages. Il décide alors d’abandonner son projet d’achat de vignoble en Toscane pour s’installer sur les vestiges d’un ancien domaine millénaire dans la vallée d’Ararat. 10 ans de travail acharné, avec l’aide de l’œnologue Alberto Antonini et du viticulteur Stefano Bartolomei, pour faire renaitre la culture de l’Areni noir et son élevage en amphore. Ce cépage, non greffé, était déjà présent il y a 6000 ans dans la région.

Les terroirs rocailleux et calcaires des contreforts du mont Ararat à 1400 mètres d’altitude sont parfaits pour la culture de l’Areni qui supporte les grandes chaleurs des journées et la fraîcheur des nuits. La vendange est faite manuellement, la fermentation et la macération en cuve béton. L’élevage se fait en amphore traditionnelle de 130 l, les Karass, les mêmes que celles retrouvées dans les fouilles archéologiques, qui sont scellées à la cire avant d’être enterrées pendant 12 mois pour assurer une température constante. Le résultat est époustouflant.

Par son travail au sein du domaine Zorah, Zorik Garibian participe à la renaissance d’une tradition millénaire, fondatrice de la viticulture mondiale. Si vous voulez goûter ces petits bijoux, rendez-vous, nous avons la chance d’être l’importateur de ce domaine d’exception en France.